Taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS) : le guide pour les entreprises
L'essentiel à retenir
La taxe ex-TVS concerne toutes les entreprises soumises à la TVA (SAS, SARL, EI au régime réel) qui détiennent, louent ou utilisent des véhicules de tourisme M1 ou des camionnettes N1 à trois rangs de sièges sur le territoire français. Les entreprises individuelles bénéficient d’une exonération.
Depuis 2023, l’ex-TVS est composée de deux taxes : la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ (barème progressif WLTP, NEDC ou puissance administrative selon le véhicule) et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques (forfait selon la vignette Crit’Air).
La loi de finances 2024 renforce les deux barèmes chaque année jusqu’en 2027. En 2026, le tarif polluants Crit’Air 1 passe à 130 € (160 € en 2027), Crit’Air 2 à 5 à 650 € (800 € en 2027). Le barème CO₂ WLTP s’échelonne de 0 € à 65 € par gramme dépassant 166 g/km.
Les véhicules 100% électriques et à hydrogène sont totalement exonérés des deux taxes. Les véhicules au Superéthanol E85 bénéficient d’un abattement de 40% sur les émissions de CO₂ (plafonné à 250 g/km). Depuis 2025, les hybrides rechargeables ne sont plus exonérés de la taxe CO₂ mais restent à 130 € pour la taxe polluants.
La gamme 100% électrique e-tron (Q4 e-tron, Q6 e-tron, A6 Sportback e-tron, e-tron GT) est exonérée totalement : 0 € de taxe annuelle par véhicule. La gamme e-hybrid (A3, A5, A6, Q3, Q5 e-hybrid) reste sous les 250 € de taxe annuelle par véhicule, contre plus de 1 200 € pour un véhicule TFSI ou TDI 204 ch équivalent.
Quelles entreprises et véhicules sont concernés par la taxe ex-TVS ?
Entreprises soumises à la taxe
Une entreprise est redevable de la taxe dès lors qu’un véhicule de tourisme remplit deux conditions cumulatives : il est autorisé à circuler sur le territoire de taxation, et il est rattaché à l’activité économique de l’entreprise. Le rattachement peut résulter de trois cas alternatifs : véhicule détenu (propriété ou location de longue durée d’au moins 2 ans) et immatriculé en France, véhicule faisant l’objet d’une prise en charge de frais professionnels par l’entreprise, ou véhicule circulant en France pour les besoins de l’activité.
Les entreprises individuelles exerçant en nom propre bénéficient d’une exonération totale des taxes ex-TVS. Cette exonération s’applique également aux organismes à but non lucratif qui bénéficient d’exonérations de TVA au titre de l’article 261-7 du CGI.
Véhicules de tourisme concernés
Deux catégories d’immatriculation sont concernées par les taxes ex-TVS. Les voitures particulières immatriculées en catégorie M1 (mention VP sur le certificat d’immatriculation, jusqu’à 8 places assises) sont soumises aux taxes. Les véhicules de catégorie N1 sont également concernés s’ils disposent d’au moins 3 rangs de places assises (camionnette code BB en case J2) ou s’il s’agit de camions pick-up à 5 places assises minimum (code BE en case J2). La date d’immatriculation détermine la norme d’homologation applicable (WLTP, NEDC ou puissance fiscale).
Depuis le 1er janvier 2025, les camionnettes N1 transformables avec 3 rangs de sièges sont taxées comme des véhicules de tourisme, ce qui ferme les optimisations historiques sur certains utilitaires polyvalents. Les camions pick-up affectés exclusivement à l’exploitation des stations de ski et remontées mécaniques restent exonérés.
Cas particuliers : LLD, IK salariés, filiales
La location de longue durée (LLD) entre dans le périmètre de taxation pour le locataire dès lors que la durée du contrat est d’au moins 2 ans. Pour les locations courtes (moins de 30 jours consécutifs), l’exonération est totale. La taxe est calculée par trimestre pour les véhicules loués.
Les véhicules personnels des salariés et dirigeants utilisés pour des déplacements professionnels et donnant lieu à un remboursement de frais kilométriques sont également taxables. Le calcul intègre alors un coefficient pondérateur sur la distance annuelle remboursée, détaillé plus loin. La prise en charge des trajets domicile-travail n’entre pas dans le périmètre.
Les barèmes 2026 de la taxe ex-TVS
Taxe annuelle sur les émissions de CO₂ : barème WLTP, NEDC ou puissance administrative
Trois modes de calcul coexistent selon les caractéristiques du véhicule, et notamment la norme d’homologation et la date d’immatriculation. Le dispositif WLTP (barème WLTP, norme WLTP) s’applique aux véhicules immatriculés en France à partir du 1er mars 2020 avec réception communautaire européenne. Le dispositif NEDC (barème NEDC, norme NEDC) s’applique aux véhicules immatriculés entre le 1er juin 2004 et le 28 février 2020, affectés à une activité économique depuis janvier 2006. Le barème PA (puissance administrative, équivalent à la puissance fiscale) s’applique aux autres véhicules, sans réception communautaire européenne ou affectés à une activité économique avant le 1er janvier 2006.
Les trois barèmes sont progressifs par tranches. Pour chaque tranche, on multiplie le nombre de grammes ou de chevaux administratifs compris dans la tranche par le tarif marginal correspondant. Les véhicules dont la source d’énergie est exclusivement l’électricité, l’hydrogène, ou une combinaison des 2 sont exonérés de cette taxe CO₂. Les véhicules au Superéthanol E85 bénéficient d’un abattement de 40% sur les émissions de CO₂ ou de 2 chevaux administratifs (plafonné à 250 g/km ou 12 CV).
Barème CO2-WLTP applicable pour la période d’imposition 2026 (déclaration 2027)
Barème CO2-NEDC applicable pour la période d’imposition 2026 (déclaration 2027)
Barème Puissance administrative applicable pour la période d’imposition 2026
Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques
La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques est un forfait dont le montant dépend de la catégorie d’émission de polluants du véhicule, alignée sur la vignette Crit’Air et les normes d’émissions européennes. Trois catégories sont distinguées : catégorie E (électrique et hydrogène, exonérée), catégorie 1 (gaz, hybride, essence respectant les normes Euro 5 et 6), et catégorie véhicules les plus polluants (essence pré-Euro 5, diesel et assimilés).
Comment calculer le montant de la taxe ex-TVS en 2026 ?
Formule générale et proportion annuelle d’affectation
La proportion annuelle d’affectation correspond au rapport entre le nombre de jours d’affectation du véhicule à l’activité économique de l’entreprise et le nombre total de jours de l’année civile (365 ou 366 pour les années bissextiles). Dans la plupart des cas, cette proportion est de 100%. Elle est réduite l’année d’acquisition, l’année de cession, ou lorsque le véhicule est temporairement interdit à la circulation.
Exemple : un véhicule affecté à des fins économiques durant 219 jours sur 365 a une proportion d’affectation égale à 219/365, soit 60%. Si le tarif annuel calculé est de 533 €, le montant à payer est de 533 × 0,60 = 320 €. Le calcul s’effectue séparément pour chaque véhicule et chaque entreprise redevable.
Coefficient pondérateur pour les frais kilométriques
Pour les véhicules personnels des salariés et dirigeants utilisés pour des déplacements professionnels et donnant lieu au versement d’indemnités kilométriques, un coefficient pondérateur s’applique en fonction du kilométrage annuel remboursé par l’entreprise. En dessous de 15 000 km annuels remboursés, le coefficient est de 0% : aucune taxe n’est due pour ce véhicule. Au-delà de 45 000 km, le coefficient est de 100% : la taxe pleine s’applique.
Exonérations et réductions de la taxe ex-TVS
Activités spécifiques exonérées
Sont également exonérés les véhicules affectés à certaines activités économiques : transport public de personnes (taxis, VTC), activités agricoles ou forestières, enseignement de la conduite ou du pilotage, compétitions sportives. Les véhicules accessibles aux fauteuils roulants, les véhicules de location courte durée (moins de 30 jours), et les véhicules de remplacement temporaire chez un garagiste sont également exonérés.
Superéthanol E85 : abattement 40%
Depuis le 1er janvier 2025, les véhicules recourant exclusivement ou partiellement au Superéthanol E85 bénéficient d’un abattement de 40% sur leurs émissions de CO₂ ou de 2 chevaux administratifs. Cet abattement est plafonné : il ne s’applique pas si les émissions dépassent 250 g/km ou si la puissance administrative dépasse 12 CV.
Fin de l’exonération hybrides depuis 2025
Depuis le 1er janvier 2025, les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) et les hybrides classiques (HEV) ne bénéficient plus d’aucune exonération sur la taxe annuelle CO₂. Ils restent toutefois classés en catégorie 1 pour la taxe polluants atmosphériques (130 € en 2026, 160 € en 2027), grâce à leur vignette Crit’Air 1. Les hybrides rechargeables conservent ainsi un avantage fiscal significatif par rapport aux véhicules thermiques purs grâce à leurs émissions WLTP nettement inférieures.
Combien coûte la taxe ex-TVS sur chaque modèle Audi en 2026 ?
Trois observations utiles :
- Les modèles e-tron 100 % électriques (Q4, Q6, A6 Sportback) sortent à 0 € de taxe annuelle, soit une économie de 1 113 € à 2 463 € par véhicule et par an face à un équivalent thermique.
- Les modèles e-hybrid restent tous entre 155 et 217 € par an, soit 86 à 92 % d'économie par rapport à un TFSI ou TDI équivalent.
- La différence entre une A6 TDI MHEV (1 633 €) et une A6 e-hybrid (193 €) atteint 1 440 € par véhicule par an, soit près de 5 800 € sur 4 ans.
Cas pratique : optimiser la taxe ex-TVS d’une flotte de 10 véhicules
La même flotte, électrifiée en remplaçant les 3 A3 TFSI par 3 A3 e-hybrid et les 2 A6 TDI par 2 A6 Sportback e-tron, atteint un montant total de taxe ex-TVS sensiblement réduit :
L’économie annuelle atteint 6 140 € pour une flotte de 10 véhicules, soit plus de 24 000 € sur 4 ans. À cette économie directe s’ajoutent la déductibilité accrue de l’amortissement sur les véhicules 100% électriques (30 000 € au lieu de 18 300 €), l’abattement de 70% sur l’avantage en nature pour les véhicules 100% électriques, et l’éligibilité aux dispositifs d’aide à l’achat selon les conditions en vigueur.
ROI fiscal sur 4 ans : Audi Q4 e-tron vs Audi A3 Sportback TFSI 150 ch
Comment déclarer et payer la taxe ex-TVS ?
Formulaire et calendrier selon le régime fiscal
Les entreprises soumises au régime réel normal d’imposition et les entreprises non soumises à la TVA déclarent la taxe sur le formulaire n° 3310-A-SD, annexe à la déclaration de TVA, à déposer au cours du mois de janvier suivant la période d’imposition. Le paiement intervient au moment du dépôt. Les entreprises non redevables de la TVA doivent payer au plus tard avant le 25 janvier de l’année N+1.
Les entreprises au régime simplifié d’imposition en matière de TVA déclarent sur le formulaire n° 3517, à déposer dans les 3 mois de la clôture de l’exercice (ou au plus tard le 3 mai pour les exercices clos au 31 décembre). Les sociétés dont le chiffre d’affaires ou le total de l’actif brut atteint au moins 400 millions d’euros adressent leur déclaration à la Direction des grandes entreprises.
Chaque entreprise redevable doit tenir un état récapitulatif annuel à jour à la date de dépôt de la déclaration. Ce document ne se joint pas à la déclaration mais doit pouvoir être communiqué à l’administration sur demande. Il recense, pour chaque véhicule : date de première mise en circulation et date de première immatriculation en France, source d’énergie, niveau d’émissions de CO₂, vignette Crit’Air, conditions et périodes d’affectation à l’entreprise (incluant les périodes exonérées avec mention du motif).
Les entreprises non établies dans l’Union européenne ou dans l’EEE (avec convention fiscale) doivent faire accréditer un représentant fiscal auprès du service des impôts. Ce représentant fiscal, établi en France et soumis à la TVA en France, doit être le même que celui désigné pour les besoins de la TVA.
Aucune déclaration n’est requise lorsque le montant des taxes dues est nul. C’est notamment le cas si la flotte est exclusivement composée de véhicules 100% électriques ou à hydrogène, ou si les frais kilométriques remboursés aux salariés restent en dessous de 15 000 km annuels par véhicule.
Les modèles Audi éligibles aux exonérations et avantages fiscaux
La gamme 100% électrique Audi e-tron : 0 € de taxe annuelle
Tous les véhicules de la gamme e-tron sont exonérés des deux composantes de la taxe ex-TVS. Ils relèvent de la catégorie E pour la taxe polluants atmosphériques (vignette Crit’Air verte) et bénéficient de l’exonération CIBS L. 421-124 pour la taxe CO₂. À ces avantages s’ajoute un plafond d’amortissement déductible de 30 000 € (contre 18 300 € pour un véhicule classique), un abattement de 70% sur l’avantage en nature pour les utilisateurs en véhicule de fonction, et l’éligibilité aux dispositifs d’aide à l’achat selon les conditions en vigueur.
La gamme Audi e-hybrid : moins de 250 € de taxe annuelle
La gamme e-hybrid combine moteur thermique TFSI et moteur électrique avec batterie rechargeable. Les émissions WLTP varient de 6 à 65 g/km selon les modèles, ce qui maintient la taxe CO₂ en dessous de 100 € par véhicule. La vignette Crit’Air 1 fixe la taxe polluants à 130 € en 2026, soit un total inférieur à 250 € annuels. Les hybrides rechargeables conservent leur accès aux Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m).
Comment se mettre en conformité et optimiser sa fiscalité ?
Dispositifs réglementaires associés à la taxe ex-TVS
Verdissement de flotte et stratégie RSE
Questions fréquentes sur la taxe ex-TVS 2026
Glossaire de la taxe ex-TVS 2026
AEN (Avantage en Nature) : valorisation fiscale et sociale de l’usage privé d’un véhicule de fonction. Abattement de 70% pour les véhicules 100% électriques jusqu’à un plafond annuel.
BEV (Battery Electric Vehicle) : véhicule 100% électrique à batterie. Exonéré de la taxe ex-TVS et bénéficiant d’un plafond d’amortissement majoré à 30 000 €.
CIBS : Code des impositions sur les biens et services. Codifie les deux taxes ex-TVS aux articles L. 421-1 et suivants.
Crit’Air : vignette de classification environnementale des véhicules en France. La catégorie E (verte) couvre les véhicules 100% électriques et hydrogène, la catégorie 1 (violette) les véhicules essence Euro 5-6 et hybrides.
E85 (Superéthanol) : carburant essence contenant 60 à 85% d’éthanol. Donne droit à un abattement de 40% sur les émissions de CO₂ pour le calcul de la taxe (plafonné à 250 g/km).
IK (Indemnités Kilométriques) : remboursement aux salariés et dirigeants des frais d’utilisation de leur véhicule personnel pour des déplacements professionnels. Déclenche le calcul de la taxe ex-TVS avec coefficient pondérateur.
M1 : catégorie d’immatriculation correspondant aux voitures particulières (mention VP sur le certificat d’immatriculation). Concernée par la taxe ex-TVS.
N1 : catégorie d’immatriculation des véhicules de moins de 3,5 tonnes destinés au transport de personnes et de petites marchandises. Concernée si présence d’au moins 3 rangs de places assises.
NEDC (New European Driving Cycle) : ancien protocole de mesure des émissions CO₂, applicable aux véhicules immatriculés entre le 1er juin 2004 et le 28 février 2020.
PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) : véhicule hybride rechargeable. Combine moteur thermique et moteur électrique avec batterie rechargeable sur secteur.
TVS (Taxe sur les Véhicules de Société) : ancienne dénomination jusqu’au 31 décembre 2022. Remplacée par les deux taxes ex-TVS depuis le 1er janvier 2023.
WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicles Test Procedure) : protocole de mesure des émissions CO₂ en conditions représentatives, applicable aux véhicules immatriculés depuis le 1er mars 2020.
Pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo.
Au quotidien, prenez les transports en commun.
Pensez à covoiturer.
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